Le gouvernement enterre la mesure SecPA : un renoncement majeur face aux inégalités sociales de santé.

Jeudi soir, lors d’une visio sollicitée par les équipes SecPA depuis le mois de juin, le ministère a annoncé :

  • l’arrêt définitif des financements liés à l’expérimentation SecPA au 30 avril, sans prolongation possible,
  • l’absence d’intégration de SecPA dans le droit commun, malgré les engagements issus du Ségur de la Santé,
  • l’obligation, pour espérer un financement, d’entrer dans le label France Santé, assorti d’un montant sans commune mesure avec les financements actuels, alors que le cahier des charges des Maisons de Santé France n’est pas arrêté.

Une promesse du Ségur de la Santé en passe d’être abandonnée

La décision annoncée par le ministère de la Santé marque un recul majeur des politiques publiques de lutte contre les inégalités sociales de santé. Alors que 26 structures d’exercice coordonné participatives sont engagées depuis 2022 dans l’expérimentation SecPA, le gouvernement a confirmé que cette mesure ne serait pas inscrite dans le droit commun, malgré les engagements issus du Ségur de la Santé.

Pour rappel, la mesure 27 du Ségur prévoyait la création de 60 centres de santé participatifs à l’échelle nationale. SecPA devait en être le socle. Aujourd’hui, cette ambition est clairement remise en cause.

SecPA : une expérimentation qui a fait ses preuves

Depuis 2022, le PSIP (Pôle de Santé Interprofessionnel de Saint-Martin-d’Hères), maison de santé pluriprofessionnelle multi-sites rassemblant plus de 80 professionnels de santé libéraux, fait partie des 26 structures françaises engagées dans l’expérimentation SecPA.

SecPA, c’est un modèle de santé communautaire et participative, fondé sur :

  • l’exercice coordonné,
  • l’implication des habitants,
  • la prise en compte des déterminants sociaux de la santé,
  • et la lutte concrète contre le non-recours aux soins.
  • Ce n’est pas une expérimentation “hors sol” : c’est un outil opérationnel, pensé pour les territoires, et particulièrement indispensable dans les quartiers populaires.

C’est la mission elle-même qui est menacée

Ce choix politique met directement en péril :

  • des dizaines emplois,
  • des milliers d’accomagnements de patient·es,
  • des actions de santé communautaire,
  • des dynamiques de prévention et d’aller-vers pourtant unanimement reconnues comme efficaces.

Concrètement, cela signifie :

👉 moins de présence sur le terrain,

👉 moins de travail avec les habitants,

👉 et un retour à une logique strictement comptable, déconnectée des besoins réels.

L’exercice des structures participatives n’est pas sécable, c’est un écosystème qui fonctionne comme un ensemble cohérent : accès aux droits, aux soins, à la prévention et à une coordination des soins, supprimer certains éléments et c’est l’ensemble de l’édifice qui risque de s’effondrer.

Le label France Santé : un “fourre-tout” qui affaiblit les approches exigeantes

Présenté comme une solution, le label France Santé devient un cadre flou et indigeste, où toutes les structures de soins sont mises sur le même plan, sans distinction de leur engagement réel en matière de participation, de prévention ou de réduction des inégalités.

À force de tout vouloir labelliser, on vide le label de son sens — et on sacrifie les démarches les plus exigeantes, celles qui demandent du temps, des moyens et une vraie présence humaine.” – Maxime, coordinateur général déconcerté.

Un appel à la mobilisation

Face à cette situation alarmante et catastrophique, le PSIP appelle :

  • les élu·es locaux et nationaux,
  • les acteur·ices de la santé publique,
  • les institutions,
  • les professionnel·les de santé,
  • et plus largement toutes les personnes concernées par l’accès aux soins,

à se mobiliser et à interpeller le gouvernement, afin que les négociations en cours soient recentrées sur l’essentiel :

👉 la santé communautaire,

👉 la lutte contre les inégalités sociales de santé,

👉 et la pérennisation de modèles qui fonctionnent.

« Enterrer SecPA, ce n’est pas faire un arbitrage budgétaire. C’est faire le choix politique de renoncer à une promesse du Ségur de la Santé et d’abandonner les territoires qui en ont le plus besoin.«