Dr Dominique Lagabrielle
Son arrivée à Saint-Martin-d'Hères
Depuis la création de l’Association PREMED-SMH le 27 mai 1982, des médecins généralistes libéraux se sont regroupés sur Saint Martin d’Hères, avec une volonté commune de faire évoluer leurs pratiques vers de la prévention en soins primaires, de l’éducation à la santé, et des actions de santé publique.
En 2006, le Dr Dominique Lagabrielle s’installe sur la commune au sein du cabinet médical de la Grande Ramée, notamment afin de pouvoir s’investir dans des projets de recherche en soins primaires. Il s’inscrit complètement dans la volonté d’avoir des projets à plusieurs médecins portée par PREMED-SMH. Mais il pense plus loin et souhaite aller vers un regroupement pluriprofessionnel.
Dominique peut facilement être qualifié de visionnaire. En effet en 2006, cette proposition de se réunir entre professionnels du premier recours pour améliorer le parcours et la prise en charge des patients semblait assez obscure voire repoussoir pour beaucoup. Maintenant cela semble une évidence, et quelques années plus tard advient le frémissement d’une volonté politique d’encourager de telles collaborations, avec l’arrivée des nouveaux modes de rémunération (NMR) en 2010.
Ses innovations
L’autre graine déjà plantée et que Dominique a fait germer, c’est celle de la lutte contre les inégalités sociales de santé, notamment en passant par le soutien des compétences psycho-sociales (CPS) des patients. Là encore, proposer de faire des ateliers « berceuses du monde » avec des patients allophones pour aborder la question du sommeil de l’enfant a pu sembler farfelu à certains. Lorsqu’on voit aujourd’hui les actions menées par le PSIP, la filiation est claire et assumée, et intégrer ces aspects psycho-sociaux à notre pratique au-delà des consultations individuelles sonne comme une évidence pour tous les professionnels membres du pôle.
Sur le thème de l’écologie en santé, là encore, le flegme du Dr Lagabrielle effectuant tous ses déplacements à vélo et nous vantant les mérites de cette mobilité douce n’allait pas du tout de soit il y a 15 ans. Aujourd’hui la conscience collective a rattrapé son retard sur cette thématique également.
Enfin, c’est lui aussi qui a impulsé l’intégration des patients dans la conception des projets et la gouvernance du pôle de santé. Là encore ce changement de paradigme a demandé beaucoup de patience et de pédagogie à notre collègue afin de nous y acculturer. Ainsi le premier patient partenaire, encore très impliqué actuellement, est issu de sa patientèle.
Son héritage
La disparition soudaine de Dominique en juin 2019 est arrivée au moment où le pôle prenait son envol et se développait, alors qu’il venait d’envisager de passer le relais. Il disait ne plus vouloir assumer la position de leader et avait commencé à transmettre ses responsabilités, avec ce sens qu’il avait de valoriser les personnes, partager ses compétences, faire confiance aux gens, se détacher.
Il avait exprimé le souhait de se reposer et de laisser exister ce qu’il avait semé. Non seulement le PSIP a perduré après lui, mais toutes les années qu’il a dédiées à fédérer notre collectif ont fait le lit du développement actuel de la structure, peut-être au-delà même de ce qu’il aurait pu imaginer.